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4 novembre 2026 – 3 mai 2027

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  • vue de l'œuvre Un modèle privilégié des peintres et des photographes - 1

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Un modèle privilégié des peintres et des photographesCandida Höfer (née en 1944)
Musée du Louvre Paris I, 2005 (Grande Galerie), 2005
Impression jet d’encre sur papier Kodak Endura montée sur Dibond aluminium, 180 × 240,7 cm
Paris, musée du Louvre, Centre de ressources des études muséales et de l’histoire du Louvre, HL 2017.2.1.

Édifiée sous le règne d’Henri IV, la Grande Galerie est un vaste corridor de près d’un demi-kilomètre reliant alors le palais du Louvre au palais des Tuileries, aujourd’hui disparu. Sous les règnes d’Henri IV et de Louis XIII, elle constitue à la fois un espace de circulation, de promenade et de récréation. Son rez-de-chaussée accueille des logements et ateliers pour les artistes et artisans, faisant déjà de ce lieu un espace étroitement lié à la création. Louis XIV transforme le dernier étage en un lieu d’exposition destiné aux œuvres des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture. Les architectes Percier et Fontaine, qui travaillent pour Napoléon Ier, parent la galerie de nouveaux décors et son parcours est structuré en neuf travées rythmées par des colonnes. Plus tard, l’architecte de Napoléon III, Hector Lefuel, fait percer une verrière au plafond afin de diffuser une lumière naturelle zénithale particulièrement adaptée à la présentation d’œuvres. 

Si la Grande Galerie remplit à l’origine une fonction pratique, elle conserve néanmoins un rôle de représentation essentiel, s’imposant comme l’un des centres névralgiques de la création au Louvre. La profondeur exceptionnelle de sa perspective en a d’ailleurs fait, au fil du temps, un sujet privilégié pour les artistes. Ces représentations ont la particularité de prendre pour sujet l’espace lui-même, indépendamment du public qui le fréquente ou des œuvres qui y sont exposées. 

Il s’agit de véritables portraits de la Grande Galerie qui, à travers elle, contribuent à façonner l’image du Louvre en tant que musée. Les artistes la représentent alors de face ou dans une légère vue de biais, privilégiant sa perspective allongée, tandis que les œuvres exposées demeurent assez discrètes. De la peinture à la photographie, les modes de représentation restent remarquablement constants. Tous explorent cette profondeur presque infinie dans laquelle le regard semble inévitablement se perdre.

Candida Höfer ne déroge pas à ces modèles de représentation. Le caractère historique de la galerie, à la fois figée et immobile, est parfaitement restitué dans cette photographie à la stabilité irréprochable. Toute présence humaine en est absente. Pourtant, l’usage social et touristique de la galerie devenue musée demeure perceptible à travers de nombreuses traces : potelets, fauteuils, affiches ou encore mobilier de rangement ponctuent l’espace. Celui-ci apparaît aseptisé et parfaitement ordonné, créant un contraste saisissant avec l’image animée et fréquentée généralement associée au musée du Louvre. 

Cette photographie appartient à un ensemble de dix-huit vues de très grand format réalisées dans les salles du Louvre en 2005. Candida Höfer est familière de cette démarche qu’elle a développée dans de nombreux établissements culturels, cherchant à saisir ce qu’elle nomme la psychologie de l’architecture sociale, particulièrement perceptible lorsque ces espaces sont vidés de toute présence humaine.

Candida Höfer (née en 1944), Musée du Louvre Paris I, 2005 (Grande Galerie), 2005. Paris, musée du Louvre, Centre de ressources des études muséales et de l’histoire du Louvre

Patrick Allan Fraser, Vue de la Grande Galerie du Louvre, 1841. Musée du Louvre / Département des peintures

Victor Duval, Vue de la Grande Galerie du Musée du Louvre, vers 1880. Musée du Louvre / Département des peintures

Hippolyte Blancard (1843-1924), La Grande Galerie du musée du Louvre, vers 1890. Paris, musée Carnavalet — Histoire de Paris.