Restauration des vestiges de la chapelle de Commynes
SculpturesRestauration
Le 5 août 2026
Les éléments provenant de la chapelle édifiée pour Philippe de Commynes au couvent des Grands Augustins ont fait l'objet d'une étude et de d'une restauration. Ils sont présentés salle 211.
Dans l’aile Richelieu, une petite salle annexe à la salle Michel Colombe (211) rassemble des vestiges de la chapelle fondée en 1509 par Philippe de Commynes (1477-1511) dans l’église du couvent des Grands Augustins à Paris, supprimé pendant la Révolution française. Les éléments qui avaient alors fait l’objet d’une saisie révolutionnaire en raison de leur intérêt historique étaient les priants du diplomate et historien et de son épouse Hélène de Chambes, posés sur un sarcophage à leurs armes, et le gisant de leur fille, Jeanne de Commynes. On les reconnaît dans la salle du XVe siècle du musée des Monuments français, ouvert en 1795 par Alexandre Lenoir dans l’ancien couvent des Petits Augustins (actuels Beaux-Arts de Paris). Celui-ci avait ensuite acheté une vingtaine de fragments architecturaux provenant du décor de la chapelle, ornés d’un décor « à l’antique » à la riche iconographie tant religieuse que profane, comme exemple précoce de l’adoption de la Renaissance italienne en France.
Jean-Lubin Vauzelle, Vue du Musée des Monuments français : salle du XVe siècle, musée du Louvre, département des Arts graphiques
Après la suppression du Musée des Monuments français en 1816 et pendant plusieurs décennies, les éléments de la chapelle de Commynes connurent des destins différents, entre le Louvre, Saint-Denis, Versailles et l’École des Beaux-Arts. Les différents éléments ne rejoignirent le Louvre que peu à peu, en 1818 (quatre panneaux), 1850 (les priants), 1851 (le sarcophage), 1884 (la gisante) et 1969 (les vestiges d’architecture, après un siècle et demi en extérieur). Ce n’est qu’à l’issue des travaux du Grand Louvre, en 1993, que tous les éléments furent réunis dans les salles des sculptures de la Renaissance.
Priants de Philippe de Commynes et d’Hélène de Chambes, musée du Louvre, département des Sculptures
Ces éléments ont fait l’objet d’une étude en 2021-2022 1, et d’une restauration de 2021 à 2025 2. Les deux priants de pierre polychromée, repeints au XIXe siècle et profondément encrassés, ont retrouvé leur harmonie colorée. Le gisant d’albâtre, très érodé, a été nettoyé, et d’anciennes interventions formelles reprises. Le sarcophage et les éléments d’architecture en pierre, salis et tachés, ont retrouvé une teinte homogène.
Par Manon Joubert et Amélie Méthivier, avec l’aide du tailleur de pierre Benoît Bocciarelli.
Par Manon Joubert, Jennifer Vatelot et leur équipe, avec l’aide du tailleur de pierre Thierry Grégor.
Saint Grégoire, chapelle de Philippe de Commynes à l'église du couvent des Grands Augustins, musée du Louvre, département des Sculptures
Mais au-delà de cette amélioration esthétique, cette intervention a été mise à profit pour examiner les éléments architecturaux avec les restauratrices, des tailleurs de pierre et un comité scientifique, afin de tenter de comprendre la disposition originelle de cette chapelle, qui a résisté jusqu’à présent aux investigations. En l’absence de sources sur la réalisation de la chapelle au début du XVIe siècle, nous ne disposons en en effet que de descriptions anciennes fort imprécises et de deux gravures de la toute fin du XVIIIe siècle, qui témoignent d’un état déjà modifié des tombeaux et du décor.
3. Avec Jean Beuvier, Agnès Bos, Marion Boudon-Machuel, Laurence Brosse Guillaume Fonkenell, Alexandra Gérard, Laetitia Barragué-Zouita, Pierre-Yves Le Pogam.
Gisant de Jeanne de Commynes, musée du Louvre, département des Sculptures
L’église des Grands Augustins était le siège de l’ordre du Saint-Esprit fondé par le roi Henri III en 1578. La chapelle du Saint-Esprit créée en 1610, remaniée en 1660, se trouvait dans le bas-côté nord, derrière la clôture de chœur, et occupait les deux travées orientales sur toute la largeur. Elle avait pris la place de la chapelle de Commynes. On peut supposer que celle-ci était fermée à l’ouest par une clôture et était ornée d’un décor de pilastres sous un entablement dont l’enluminure de Fouquet peut nous donner une idée. Ce décor a probablement été caché par une boiserie. On sait que l’autel, à l’est, était orné d’un Vierge probablement polychromée (disparue) et de deux colonnes de porphyre (non localisées). Les priants devaient se trouver sur le mur nord, et le gisant côté sud contre la clôture de chœur. A la fin du XVIIIe siècle, les monuments funéraires et la statue de la Vierge avaient été transférés dans la petite chapelle à l’arrière.
Plan du couvent des Grands Augustins, Bibliothèque nationale de France, collection Clairambault
Les premiers résultats de cette recherche ont été présentés le 6 octobre 2025 lors des journées d’études consacrées à La restauration de sculptures monumentales de la Renaissance française par le Centre d’études supérieures de la Renaissance de Tours, en marge de l’exposition Renaissance d’une œuvre. La Vierge à l’Enfant de Michel Colombe, présentée au musée de cette ville du 16 mai au 4 novembre 2025. Une publication est prévue en 2026 dans la Revue des Musées de France.
Le musée du Louvre a récemment fait l'acquisition d'un singulier buste de Philibert de Cos. Son caractère unique, son pedigree impeccable ainsi que son état de conservation, exceptionnel compte tenu de sa découverte ancienne, ont motivé son entrée dans les collections du département des Antiquités grecques, étrusques et romaines.
Le 21 juillet 2026
Antiquités grecques étrusques et romainesAcquisition
Relief représentant un porteur d’outre. Iran actuel, Persépolis, palais de Darius Ier ou de Xerxès Ier. Vers 521 – 465 av. J.-C. Calcaire. Musée des Beaux-arts, Lyon
Kudurru dit le « caillou Micheaux ». Irak actuel, environs de Bagdad. Vers 1100 – 1083 av. J.-C. Serpentine. Bibliothèque nationale de France, département des Monnaies, Médailles et Antiques, Paris
Fragment de relief : le roi Assurbanipal. Irak actuel, Ninive, palais nord. Vers 668 – 627 av. J.-C. Musée Auguste-Grasset, Varzy.
À l’occasion du lancement du Réseau des Antiquités orientales en France (RAoF), le département des Antiquités orientales du musée du Louvre, en sa qualité de grand département patrimonial pour l’art et l’archéologie du Proche-Orient ancien, a organisé, les 29 et 30 juin 2026, deux journées d’étude consacrées aux collections d’archéologie orientale conservées dans les institutions publiques françaises.
Les recherches conduites au musée du Louvre ont établi la provenance d’un relief romain alors en mains privées, perdu depuis la Seconde guerre mondiale et sa spoliation en 1940. Après sa restitution à ses ayant-droit légitimes, l’œuvre a pu être acquise par le musée pour enrichir les collections d’art romain.
Le 26 juin 2026
Antiquités grecques étrusques et romainesAcquisition